Les textes et images présents sur ce blog ne sont pas libres de droits, merci de me demander avant une quelconque utilisation.


mercredi 24 février 2016

Et zut !

Qu'on ne me dise plus que je pourrais gagner en popularité en étant plus « moderne » ! Grrr... !

Si j'ai pris le parti d'écrire sur la lumière, de photographier les fleurs et de chanter l'amour, c'est bien un choix entêté et non une étourderie. Parce que je suis persuadée qu'on a plus que jamais besoin d'une avancée vers la source – je n'écris pas « retour aux sources », on me traiterait de passéiste quand je ne le suis guère. Par « source », je veux dire "essence de ce qui est éternel", passé, présent, futur, réunis. Parce que les modes passent - de nos jours, elles n'ont même pas ce charme et avortent dans l’œuf, tant on a déjà tout fait, tout vu, tout essayé... Parce que les fleurs, la lumière, l'amour, eux, sont intemporels en tant que miracles inhérents à la Vie.
Non, je ne suis pas née avec un siècle de retard.
En quoi est-ce qu'aimer la simplicité, le douceur, la sincérité, serait dépassé ?
Oui, je sais chanter plus fort, montrer mes fesses, me trémousser, oui je pourrais écrire des mélodies dégingandées, des textes délurés, ou pourquoi pas emprunter ce style poétique austère, ce ton blasé, soi disant « contemporains » et qui ne le sont plus du tout depuis le temps qu'ils sévissent...
Oui mais seulement ça ne m'intéresse pas !
Dans une société qui court à toute vitesse vers le chaos, en proie à une exaltation forcenée et sans joie, j'ai préféré me recentrer sur ce qui me semble essentiel. Un brin d'herbe, une larme, un oiseau, un sourire, le ciel, qu'en sais-je, ce dont la vie ne pourra jamais se départir sans quoi elle ne serait plus la vie.
Non, tout n'a pas déjà été dit. Tant que le mystère de naître et de mourir demeurera il y aura toujours à creuser, à douter, à s'extasier, à trembler. Et les réponses ne sont pas forcément du côté concret où l'homme s'évertue à les chercher... Je crois qu'un artiste se doit d'être un peu visionnaire, de pressentir au fond de lui une part du mystère et tenter de la restituer, à lui-même et à ses semblables, humains qui sommes là, réunis sur cette terre sans savoir pourquoi, qui sommes nés, qui allons mourir sans explications, et qui cheminons entre ces deux points et peut-être par-delà.
Je suis persuadée que la voie de l'avenir passe par cette « avancée vers la source », ce « recentrage » sur l'essentiel, que les brins d'herbe ont autant à nous apprendre sur le mystère d’Être que les grands scientifiques, et qu'écrire comme je le fais est résolument plus hasardeux mais je dirais aussi plus sensé qu'inventer une énième déstructuration littéraire ou tenter des contorsions vocales. 

Je remercie tous les autres artisans au service de l'amour, du ciel, de la lumière. Nous sommes nombreux, et si nous ne sommes pas aujourd'hui des plus populaires, je crois que nous avons raison de continuer et de ne pas céder aux sirènes exaltées qui s’essoufflent dans le chaos du monde.
Je ne suis ni avant-gardiste ni passéiste, je ne cherche ni la reconnaissance ni l'argent, je porte modestement mais avec fierté ce rôle là. Ce rôle d'amoureuse des gens et des arbres, ce rôle d'errante au gré des chemins, ce rôle d'exploratrice des sentiments et des mystères. De tout mon cœur. C'est tout. Et ceci était une petite mise au point pour ceux qui me tannent avec les "tu pourrais être plus populaire, plus fortunée, etc, etc..." Et zut !! émoticône wink

émoticône wink
Héloïse.

vendredi 19 février 2016

Rassasiée d'amour

" Ta voix me manque,
Tes rires me manquent,
Te voir vivre et bouger vêtu de cette chemise à carreaux qui ne ressemble plus à rien depuis le temps qu'elle attend, suspendue dans le grenier...

Les trajets en voiture sans toi, c'est terrible, quand je repense à ces virées ensemble, à cette joie évidente, radicale, surpuissante, qui s'emparait de nous ; à toutes les libertés, tous les possibles, qui s'ouvraient par miracle au gré des chemins.
Et voir le soleil se coucher depuis le chalet, si je me souviens combien c'était plus beau ensemble, combien c'était grisant et comme devenaient accessibles tous les mystères et le paradis même, c'est à hurler.
C'est à hurler que tu sois mort et me résoudre à vivre privée de ce bonheur.


Mais ton amour ne m'a jamais manqué.
Ton amour, ta mort me l'a laissé intact.
Tu m'as donné d'emblée, dès cette première rencontre ce jour de mai, assez d'amour pour tenir au moins une vie entière.
Il me tient au cœur comme on dit d'une nourriture riche qu'elle nous tient au corps. Mais les nourritures terrestres passent tandis que, chaque matin, je constate que l'amour s'étend. 

C'est sans doute pour ça que malgré les souffrances, je me sens des ailes et tous les courages : grâce à toi, je suis une rassasiée d'amour pour le restant de mes jours ici-bas et peut-être plus encore."

Héloïse Combes tous droits réservés, 19-02-2016