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samedi 15 novembre 2014

Session d'enregistrement.




Ce furent quatre jours intenses…
Quatre jours de musique, de concentration, de rires, d’émotions partagées…

Pour enregistrer mes chansons, j’avais la joie d’avoir à mes côtés trois musiciens tant talentueux qu’humainement adorables : Guilam au piano, à la guitare et au ukulélé, tout en douceur, écoute et subtilité. Janice Renau au violoncelle nous a apporté ses sonorités chaleureuses et son énergie pétillante. Et Goffredo Degli Esposti, tout droit venu d’Italie, a posé des accents de flûtes et tambour médiévaux sur mes compositions.
Domi, ingénieur du son ; et Franck, responsable du studio, ont su, en plus de leurs compétences, nous entourer d’amitié et d’attentions touchantes.

Bref, comme je disais, ce furent quatre jours intenses… et beaux, très beaux.
Merci, du fond du cœur, à vous cinq, pour cette tranche de vie musicale et humaine.

La musique est « dans la boîte », reste à passer à l’étape du « mixage ». Je devrais bientôt pouvoir vous faire entendre un premier aperçu de ce disque à venir. Vous y retrouverez des accents du premier album, mais aussi un souffle nouveau, ces touches médiévales, comme un pont entre deux univers et un retour au sources pour moi qui aime tant cette musique et l'ai un peu chantée...
En attendant, voici un petit aperçu de ces jolis moments, en photos et vidéo. Merci Francky !

Bises à tous,
Héloïse













Photos et vidéo : Franck Villeméjeanne, tous droits réservés. 

jeudi 28 août 2014

Surimpressions



C’était en novembre à minuit
Peut-être plus loin dans la nuit
Le lendemain, les yeux bleuis
Larmes de sang, ô mon ami
Parti, parti…

Petite fleur noire, mes farfadets
Mes doux démons, chères amours envolées

L’automne se meurt, mes insomnies
Ont la peau dure, des dents de scie
Douces mes lèvres, vide le lit
Où vont les princes après la vie ?
La vie, la vie…

Petite fleur noire, mes farfadets
Mes doux démons, chères amours envolées

Le brouillard a tout envahi
Vallées, châteaux, sombres logis
Cheveux-coton, face pâlie 
Déjà je perds tes yeux chéris
Chéris, chéris…

Petite fleur noire, mes farfadets
Mes doux démons, chères amours envolées

Ô feux follets, spectres, folies
Tournez sous mes yeux ébahis
Songe, mensonge, la lune rit
Lève l’espoir, l’amour revit
Revit, revit…

Petite fleur noire, mes farfadets
Mes doux démons, chères amours envolées


Poème et photographies Leica M3 : Héloïse Combes 2014
Tous droits réservés




mardi 24 juin 2014

Regards d'artistes, regards d'amour

Regards d'artistes, regards d'amour...

Parce qu'ils offrent au monde une clé vers le haut, une clé vers le beau, une clé vers la paix,
Parce qu'ils nous font rêver, parce qu'ils nous font Croire... 

Illustres ou trop méconnus,
Musiciens, chanteurs, écrivains, dessinateurs, sculpteurs... 

Passeurs de musiques oubliées qu'ils font revivre avec fougue et talent, troubadours des temps modernes, magiciens des mots, chercheurs d'étoiles, de cailloux ou de perles rares, modeleurs de formes nouvelles...

Artistes variés, atypiques, uniques et unis par ce souffle de Vie , MERCI, le monde a tant besoin de vous... 


Le Grand Jordi Savall, violiste, chef de choeur, chef d'orchestre, homme de Paix et de Savoir... 


Patrizia Bovi et quelques musiciens de l'ensemble Micrologus ( Goffredo Degli Esposti, Simone Sorini et Gabriele Miracle), passeurs éclairés d'un répertoire médiéval injustement oublié...


Yvon Repérant, claveciniste, inlassable amoureux de la musique ancienne et baroque.


Guilam, auteur-compositeur, chanteur, inventeur de mots et de mélodies, passeur d'émotions.


Joséfa, auteur-compositrice, chanteuse , donneuse de joie !



Georges Lemoine, illustrateur, dessinateur, éternel rêveur amoureux des oiseaux et des fleurs...


Guy Baudat, sculpteur, artiste inclassable, atypique, Homme Libre. 


Joëlle Combes, auteur, poète, Battante !


Merci à vous,
Vive la Vie !
Et merci à mon Leica capteur d'étoiles et à J-Claude qui veille, là-haut.

Héloïse


Photographies : Leica M3, Héloïse Combes 2014 tous droits réservés. 






vendredi 6 juin 2014

Les intermittents au festival de Maguelone...

   Il était une fois…

   Des musiciens qui menaient un travail acharné pour faire redécouvrir un répertoire oublié et qui s’apprêtaient à donner en concert un programme préparé des mois durant sans beaucoup d’aide, sans beaucoup de moyens mais avec amour, talent et modestie. 
Cet ensemble –l’ensemble Micrologus, dirigé par Patrizia Bovi, créé en 1984 par des musiciens ombriens dans le but de contribuer à la redécouverte et l’interprétation de la musique médiévale – s’apprêtait à monter sur scène lorsqu’ont débarqué des intermittents en colère.

   C’était hier soir, sous les voûtes de la belle cathédrale de Maguelone.
La colère des intermittents, étant artiste moi-même, je suis bien placée pour la comprendre et la trouver juste.

   Mais hier, j’ai eu honte.
   Honte de voir des gens sensés représenter le monde du spectacle et de la culture adopter des manières dignes de certaines forces obscures, débarquant dans un festival défenseur de « minorités musicales » avec des souliers qui cognent, des mines renfrognées et des yeux fuyants cachés derrière des banderoles aux slogans tout prêts, sans organisation, sans avoir pris soin de savoir où ils débarquaient et qui ils avaient en face.
Honte de les voir arc-boutés contre des artistes pourtant ô combien compréhensifs et ouverts. Honte de les voir s’acharner à enfoncer la mauvaise porte au mauvais moment. Honte de les voir anéantir le travail de ceux qui s’évertuent à faire connaître la beauté et la rareté pendant que les « vedettes » dorment tranquilles ; de les voir s’attaquer aux « petits » plutôt qu’aux gros poissons, aux survivants plutôt qu’aux puissants, aux gens de passion plutôt qu’aux gens de pouvoir.

   C’était petit, c’était grossier.
Le tout sans portée extérieure, sans médias présents... Juste la stupéfaction du public.

   L’ensemble arrivé d’Italie a fait face avec une grande dignité, a tenté un dialogue attentionné, a proposé de jouer devant la scène occupée, puis a fini par se retirer face à l’acharnement.

   Les musiciens de cet ensemble m’ont profondément émue, tant par leur savoir-vivre, leur pudeur, leur générosité, leur ouverture d’esprit, que par leur virtuosité musicale.
Chers Patrizia, Goffredo, Gabriele, et vos collègues : je n’oublierai jamais le privilège que j’ai eu d’assister à votre brillante répétition, de photographier vos visages concentrés et vos précieux instruments, puis cette fin de soirée finie à cinq, triste mais douce, douce mais triste…

   Je n’oublierai pas non plus l’absurdité de cette annulation, ni ces phrases saisies au vol que prononçait une dame ayant assisté la veille à l’annulation de la Traviata à l’Opéra Comédie et qui disait à peu près ça : « Hier, face à une grosse structure, à une portée médiatique, et sachant que les musiciens fonctionnaires n’en seraient pas trop pénalisés, je les ai soutenus et compris. Mais ce soir c’était lamentable. En plus d’avoir été néfastes aux autres ils se sont tiré une balle dans le pied. »

   Chers collègues et amis intermittents, je vous souhaite de tout cœur d’obtenir gain de cause… Mais hier, à la cathédrale de Maguelone, ceux qui vous représentaient si lamentablement, ont-ils voulu vous suicider ??...

Héloïse Combes , 6 juin 2014.



P.S. Je précise que ce n’est là que mon opinion, je ne suis porte-parole de personne et ne véhicule que mon propre ressenti.





Pendant la répétion : Photo Leica, Héloïse Combes

mardi 27 mai 2014

A Gargilesse.



   La Gargilesse fait tsss, tsss…
La brise fait tsss, tsss…
J’ai vu un serpent au chalet, tsss, et le soleil cligne de l’œil.
Tous se moquent gentiment de mon cœur si lourd ce matin.

   Les grands oiseaux passent en silence, les ailes déployées. Là-haut tout est bleu, tout est calme.
   « Ecris, écris », ordonnent les grands oiseaux. 

   « Tu n’as pas d’autre issue, et les voilà, tes ailes ».
Alors j’écris, mais comme je n’ai pas de papier, j’écris dans ma tête, ou je prie un peu c’est pareil, ou comme je ne sais pas prier, je me tourne vers les arbres qui font chh, chh, caressés par le vent.

   La rivière transforme son chant et fait chh, chh, elle aussi.
Chh, chh, le monde est doux.
Le soleil de midi chauffe, mon cœur capitule et s'offre à sa caresse.  
Chh, chh, le vent, l’eau, les forêts.
Les grands oiseaux glissent dans ce qui s’apparente d’ici à un silence bleu. J’ignore quel bruit à leurs oreilles fait le grand air qu’ils fendent.
Ils doivent entendre à peine le chuintement du monde sous leurs ailes tendues.
Chh, chh, la vie me berce.

   Je n’ai pas d’autre issue qu’écrire, tendre ma plume vers les cimes des arbres pour m’élever, petit à petit, vers l’immensité bleue. Au fur et à mesure, ma peur du vide s’efface et je pressens la mort comme la vie vue d’en haut. Rien d’effrayant ; si le destin me laisse le temps d’aller au bout de ma voie d’écriture, je n’aurai plus du tout le vertige au moment du grand vol.

   Il y a à la terrasse du café quelques personnes qui rient de moi. Des gens qui rient avec des bouches grimaçantes, des têtes rouges, tandis que leurs cœurs glacés ne rient pas le moins du monde. Des gens qui ignorent totalement le ballet des oiseaux. Des gens qui ont oublié qu'ils vont mourir. 
Il y a longtemps que je n’entends plus leurs rires. Longtemps que je n’aperçois que des visages muets, tordus, étranges. 

   La Gargilesse, les forêts font chh, chh, le monde est doux.
Le soleil chauffe.
Les grands oiseaux si beaux tournoient dans un silence bleu. 


Texte et photos : Héloïse Combes, mai 2014.



mardi 29 avril 2014

Dans l'ombre de toi


--- Dans l'ombre de toi ---


Dans l’ombre de toi il y a
Des lavandes couchées
Un mouchoir égaré
Et un papillon roi

Dans l’ombre de toi il y a
Un lézard, un grand verre
Sur un muret de pierre
Le soleil en éclats

Dans l’ombre de toi il y a
Une gomme, un mégot
Du pain, un escargot
Un désordre de choix

Dans l’ombre de toi il y a
Des miett’s, un’ tourterelle
Qui part à tire d’ailes
Effrayée par un chat

Dans l’ombre de toi il y a
Une rose à épines
Trois gouttes de résine
Un carré d’chocolat

Dans l’ombre de toi il y a
Des pervenches bleutées
Un sourire esquissé
Mon chemisier à moi

Dans l’ombre de toi il y a
Des champs, une rivière
Le sexe de la terre
Mes lèvres sous tes doigts

Dans l’ombre de toi il y a
Mon chignon, un chinois
Sur un livre en anglais
Un dé sur le plancher

Dans l’ombre de toi il y a
Des rideaux, des lueurs
Quelques tach’s de rousseur
Échappées de tes bras

Dans l’ombre de toi il y a
Nos silhouettes endormies
Un nounours, un soldat
Tombés au pied du lit

Dans l’ombre de toi il y a
La lumière, les couleurs
C’est parc’ que tu tutoies
Les oiseaux et les fleurs


Poème et photographie Leica : Héloïse Combes 






lundi 14 avril 2014

L'air du temps

Avant l'explosion de couleurs au coeur du printemps, ses prémices en noir et blanc, et un poème.


--- L'air du temps ---

Où sont passés les lys
Les mauves, les roses-thé
Et ce parfum d’iris
Que tu n’aimais humer
Qu’à mon corsage
Défait
L’air du temps- Nina Ricci

Où sont passés les lits
D’hôtel aux draps bleuis
Où dansait la lumière
Comme sur la rivière
Et nos corps sages
Défaits
L’air du temps- Un jour, Paris

Où sont passés nos rires
L’herbe tendre et l’ivresse
Toi qui voulais mourir
Dans la campagne en liesse
Nos corps sans âges
Ni effets
L’air printemps- Nous deux, la vie

Dans un chaos de cris
Et de bruits conquérants
Monte une odeur aigrie
De sueur et de sang
Nos corps en nage
Méfaits
L’ère du temps- J’ai le tournis


 Texte et photographies Leica © Héloïse Combes avril 2014