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samedi 29 août 2015

Electrosensibilité : mon calvaire, mon combat, mes victoires...

   A l'heure où le tribunal de Toulouse a reconnu pour la première fois en France l'électrosensibilité comme un handicap et où les médias se décident enfin à parler massivement de ce phénomène, nous retrouvons, nous, électrosensibles, un peu d'espoir...

Cependant, les souffrances sont là, chaque jour, chaque nuit. Douleurs, tremblements, vertiges, fatigue intense, acouphènes, insomnies, migraines, sont, à trente-quatre ans,  mon lot quotidien.

Parmi  les grandes et petites choses que je ne pourrai plus jamais faire : accompagner mes enfants pour la rentrée scolaire ( impossible pour moi de me mêler à la foule des parents armés de téléphones portables ), faire mes courses, me promener en ville, aller à l'opéra, au théâtre, au cinéma, prendre les transports en commun, voyager en train, travailler ailleurs que chez moi...
Chaque trajet, chaque rendez-vous, est une véritable prise de tête, les routes étant bordées d'antennes-relais, les gens étant munis de téléphones portables, les lieux connectés en wifi, etc...
Cette souffrance est omniprésente, muette, combattue de l'intérieur, pour avancer, tout de même, pour ne pas baisser les bras et renoncer à vivre à peu près "comme tout le monde". Mais jusqu'à quand ? Viendra, je le sens bien, le jour où la seule issue possible pour moi sera de déménager au fond de la campagne et ne plus en bouger car je ne pourrai plus, ni conduire sur de longues distances, ni supporter les ondes du voisinage et la proximité des villes, mon corps supportant de moins en moins le contact des ondes électromagnétiques. Je tente de retarder cette échéance pour ne pas perturber mes enfants, et c'est là encore une lutte de chaque jour.

Ce qu'on ne pourra jamais m'enlever : marcher sur mes sentiers de campagne, me baigner dans la Creuse, écouter le calme des grands arbres, regarder de beaux paysages, rêver, aimer, rire, chanter, serrer mes enfants dans mes bras, photographier, écrire... L'ESSENTIEL, bien sûr, il me reste l'essentiel, respirer, me sentir vivante, vibrante au milieu de la nature, loin de ces ondes maléfiques qui ruinent ma santé. C'est encore une chance, c'est même un luxe inouï de vivre, j'en ai plus que jamais conscience.

Mais tout de même, où va ce monde, qui détruit, enlaidit, pollue, cette humanité qui court au suicide géant en s'infligeant ces ondes qui tuent, ces armes de guerre, enfermant ses enfants dans un "four à micro-ondes" géant qui donne des cancers, grille les neurones et j'en passe ? Combien de temps encore avant que les symptômes dont nous sommes de plus en plus nombreux à souffrir s'étendent à la population entière ? Voudra-t-on bien ouvrir les yeux avant qu'il ne soit trop tard ?...

Parmi mes "victoires" personnelles, mes petites "revanches", le fait est que mon "actualité artistique" est bien remplie. Le disque sera prêt d'ici quinze jours. Quant aux livres, parmi les titres à paraître, j'ai reçu hier la couverture de La sagesse du maître de thé, illustré par Georges Lemoine, qui sortira bientôt aux éditions Gallimard. La voici :





















Courage, courage, courage, à mes "frères et soeurs" électrosensibles.
Rassemblons-nous, entraidons-nous, faisons-nous entendre !
Aux autres : , entendez-nous, ouvrez les yeux !

Vive la Vie,
Vive la Liberté,
Vive l'Amour,


Héloïse

Autoportrait aux arbres...


mardi 28 juillet 2015

Nous n'obéirons pas au monde


Nous n'obéirons pas au monde

Dans notre refus d'obéir nous serons entêtés, sauvages, grandioses mon amour, grandioses nous serons, grandioses comme sont les enfants gitans, les ongles noirs de terre, le menton relevé, quelque chose de noble et d'implacable dans le regard


Nous nous enivrerons de vin, nous nous enivrerons de vent, d'étoiles et puis d'eau claire, et nous irons les jambes nues, les pieds cornés par les sentiers avec les chiens errants et les chevaux aux crinières de folle avoine, fiers mon amour, fièrement ensauvagés nous serons


Nous irons sans bagages, les souffles furibonds nous déshabilleront, nous rendront vulnérables, nus et gloutons de vie comme des nouveaux-nés
Les ruisseaux cavaleurs disperseront nos vices en riant aux éclats et nous simplifieront, allégés nous rendront, Roi et Reine parmi les galets et les bois flottés

Nous n'obéirons pas au monde, mon amour, cela fait si longtemps que ses lois, ses chimères, sont à nos cœurs d'une étoffe moins dense que celle des brumes qui se meuvent, ce soir, longues ailes blanches qui s'effilochent au-dessus de la Creuse

Nous n'obéirons pas au monde, seule la vie qui palpite, intacte dans nos veines, la lumière dorée sur la paille coupée, lumière souveraine des campagne en été ; et les gouffres ombreux quand Dieu nous laisse aveugles, nous les traverserons ensemble, tremblants, l'échine basse, enfants terribles qui hantent par deux les forêts tels des loups efflanqués

Je n'attendrai rien que ta main, tu n'attendras rien que mon ventre, jusqu'à ce que le geai, le crocus ou le gui viennent nous rappeler la Grâce

Nous nous enivrerons de vin, nous nous enivrerons de vent, d'étoiles et puis d'eau claire, et nous irons les jambes nues, les pieds cornés par les sentiers avec les chiens errants et les chevaux aux crinières de folle avoine, fiers mon amour, fièrement ensauvagés nous serons

Nous n'obéirons pas au monde 
Nous n'obéirons pas au monde
Nous n'obéirons pas au monde






Texte et photo Leica, tous droits réservés, Héloïse Combes, Gargilesse juillet 2015.

mardi 21 juillet 2015

La Folle allure



La folle allure, extrait de mon prochain disque La Nouvelle H ( sortie prévue septembre 2015 ).
Musique: Héloïse Combes
Paroles: d'après le roman de Christian Bobin, "La folle allure".
Chant : Héloïse Combes
Violoncelle : Janice Renau 
Guitare : Guilam 
Flûte et tambour : Goffredo Degli Esposti -sans oublier notre choriste Clement. 
Vidéo amateur -prière de ne pas visionner en grand écran ;-)- à Gargilesse. 




lundi 29 juin 2015

Là où le firmament et les limbes...

On nous caresse, on nous fait croire
On nous flatte, on nous fait asseoir
On finit même par se coucher
Rêver les pieds en éventail

Et c’est dans un demi sommeil que soudain ça réapparaît : les têtes grimaçantes, les masques aux nez crochus, tous les mêmes gueules, la même que nous, barbouillés de tourbe et de vin, de pisse, de sang sous un vernis de bienséance, méli-mélo, tournis, pantins balayés par le vent

Le temps du rêve aux rideaux blancs on avait cru voir des sourires
On avait cru lire de l’amour, les lèvres roses, les doigts brodés de lilas blanc

Envolé le voile de tulle les danseuses ont piteuse allure, les grands costauds tiennent en rageant leur cœur trop lourd entre leurs mains, on les comprend, on est comme eux
Frères, sœurs d'extase et de misère

Pourtant il fut un temps de valse, pourtant on vous disait princesse
Pour un verre de trop, pour une maladresse, pour un gouffre ignoré vous passez à vermine, on vous marche sur les orteils, la ronde est triste et tout s’efface

On est seul, on est toujours seul et c’est folie de l’oublier

Seul le ciel pour chacun, ce luxe inouï plein les pupilles, peut-être juste un extraterrestre, le plus brisé, son corps géant de glaise et d’humus, ses yeux noyés et ses mains d’or, celui-là qui est presque au bout, où les masques s’effilochent plus fins que les nuages

Sa solitude face à la vôtre, là où on ne peut rien, où seul l’amour peut poindre au milieu du néant

Il faut être seul du plus profond de l’âme pour aimer un peu le visage de l’autre, oublier la glaise, la couronne d’épines ne pas y toucher, et du bout des doigts trouver la peau douce, la vérité nue qui s’écoule claire, claire comme l’eau des clairs ruisseaux

Il faut être seul, mort dix ou vingt fois pour aimer un peu

Et puis les arbres, et puis le ciel, la Creuse coule très lentement ses eaux d’ombre et de rouille, il n’y a personne et je suis nue
Une feuille de frêne en parachute, les grands rapaces aux ailes frangées dévorées par les dents aiguës du soleil de juin
Des reflets en feu d’or clair m’éblouissent, mes cheveux passent dans mon dos comme de longues algues, l'eau m'engloutit

Me laisser flotter, flotter, flotter jusqu’au fond du ciel, les bras en croix, une seconde la paix profonde, quand je me retourne il est sur la berge, assis dans les herbes les genoux repliés, il me sourit
Un instant, une éternité, son sourire et le ciel se fondent


J’ai toujours eu peur avant de faire l’amour, il a dit
Il a dit, et on a ri, et j’ai dit moi aussi
J’ai peur des grottes obscures et des fonds abyssaux des océans, j’ai peur des bêtes sauvages qui sommeillent en moi et de l’enfant blessée qu’on a bâillonnée, j’ai peur de la charogne et du bois putréfié des bords de rivières, j’ai peur du ventre ballonné des poissons morts. J’ai peur de trop aimer les loups, et les forêts d’où l’on ne revient quand on en revient qu’avec les yeux trop grands, moitié crevés moitié voyants, j’ai peur des feux follets et des sables mouvants, j’ai peur de l’homme préhistorique qui montre les crocs, sa barbe hirsute, ses râles fous et l’orage qui monte, j’ai peur du miel et de la mousse, j’ai peur du ciel et de la houle quand ils révèlent leur splendeur, j’ai peur de Dieu juste avant qu’il paraisse. Avant. Le frisson d’avant la ferveur. D’avant la vie, d’avant la mort. D’avant la foudre vérité
J’ai toujours eu peur avant de faire l’amour, il a dit
Il a dit, et on a ri, et j’ai dit moi aussi
Il a trouvé ma main, il a baisé ma bouche, il a creusé mon ventre, la peur s’est consumée en un éclair violet
Pleure l’enfant blessée, jouisse la bien aimée et s’ouvrent les forêts sous nos ongles battants, dansent les feux follets dedans nos yeux de loups, on a coulé profond au fond des océans dans nos fauves duvets et le ciel s’est ouvert, brèche miraculeuse dorée dans les abysses
Je lui ai dit mon frère, mon sang, je lui ai dit mon garçonnet, tes jambes blêmes, tes yeux de fièvre, tes grands bras crucifiés, ta gueule cassée, tes veines bleues, ton torse glabre et ton cœur d’ogre, au zénith je ne crains plus rien
Je lui ai dit on périra mais ta peau est plus douce que la mousse des bois, je lui ai dit mon ange, la part de l’ange en l’homme on ne peut la briser et mourant dans tes bras tes ailes me soulèvent
Alors il a dit viens, viens, je ne craindrai plus jamais rien avec toi, à présent
Il m’a appelée ange et j’ai dit viens aussi, non nous n’aurons plus rien à craindre ni de nous deux unis, ni de nous l’un sans l’autre, à présent
A présent que nous avons été ensemble là où les limbes et le firmament s’étendent d’un seul corps

Héloïse, 28 juin 2015. 

lundi 15 juin 2015

Ce qui importe

--- Ce qui importe ---

C'est la feuille du figuier qui déploie ses cinq doigts

C'est l'ombre qui me couvre dans une odeur de buis et de figue verte, sa fraîcheur d'abbaye

C'est le nuage crépu, ses contrastes d'or blanc et d'ardoise

C'est le sourire d'un mort soudain entraperçu dans la rose alanguie

C'est le souvenir de ton âme sur le bout de tes doigts qui effleure mon âme sur le doux de mon ventre

Ce sont tes lèvres au loin, comme une brèche lumineuse dans l'obscur du secret

C'est le moineau qui s'ébroue dans la poussière, et le visage brun d'un enfant qui m'apparaît en filigrane, barbouillé d'innocence, de terre et de soleil

C'est dans le grand pin parasol la tourterelle qui roucoule, le chant de la rivière captif de son gosier qui s'épanche en goulées lancinantes et sereines

C'est la petite maison qui m'attend là-bas, la vigne, les fissures et le plancher qui craque

C'est le chat roux qui miaule et l'odeur du café

C'est le mégot de cigarette qui fume encore dans la coquille

Ce sont les tambours et les flûtes, ce sont les harpes et les voix, les troubadours ont fait silence, et puis Mozart, et puis Lhasa, demeurent muets eux aussi, mais ce froufrou en rémanence, comme une brise sur mon cœur

Ce sont les nèfles mûres, mes orteils en-dessous, le laurier-rose, la sauge bleue, et la menthe assoiffée qui court entre les pierres

C'est le ciel, toujours, la fatigue

C'est l'instant de rien qui passe et qui demeure

C'est l'éternité qui veille sans qu'on n'y prenne garde

Ce qui importe, un jour parmi tant d'autres, quinze juin de l'année deux-mille-quinze, seize heures et des poussières de rien

Héloïse


mercredi 3 juin 2015

Le conte des anges



Le conte des anges

- pour Angela, Willem et Kaythan,

et pour tous les habitants des villages du monde entier -



 

    C'est un village aux maisons ocre.

La terre y est brune, le ciel y est bleu. Autour du village, une ceinture de forêts.


   Dans le village, il y a deux sortes d'habitants. Ceux qui sont nés là de la terre brune et du ciel bleu. On les appelle les Duterreau. Ils ont deux bras, deux jambes et une tête de chevreuil. Et puis il y a ceux qui sont nés quelque part, on ne sait pas bien où, au bout du monde peut-être, et qui sont arrivés un jour, surgissant des forêts avec deux bras, deux jambes et une tête de geai. On les appelle les Estrangeais.


   Duterreau et Estrangeais s'aiment en secret. Mais ils ne peuvent pas se le dire, bien sûr. Quand un Duterreau veut dire "Bonjour" à un Estrangeais, il brame et l'Estrangeais part en courant, ses petits yeux noirs affolés dans son visage de plumes bleues, se réfugie dans la forêt, la tête enfoncée dans la mousse. Quand c'est un Estrangeais qui veut saluer un Duterreau, il pousse un cri perçant et le Duterreau détale, le museau écumant de peur, s'enferme à double tour dans sa maison ocre.

   Alors ils font comme ils peuvent, les uns, les autres. Pour dire "J'aimerais te connaître", ils se lancent des regards en coin. Des yeux des Duterreau jaillissent des balles de charbon; des yeux des Estrangeais, des flèches effilées davantage que les cris sortant de leurs becs quand ils transpercent, à l'aube, le silence ouaté des sous bois.

    Lorsqu'un Duterreau amoureux veut dire "Tu me plais" à une belle Estrangeais, il frappe rageusement ses bois contre la porte de sa maison, et la belle terrifiée répond des "Merci, merci" camouflés dans des hurlements qui fusent de son bec comme des flammes incendiaires.

    Parfois une maison brûle. Un arbre tombe foudroyé. Le ciel se pare d'obscurs nuages. Quelques Estrangeais repartent par les forêts d'où ils sont arrivés. Des Duterreau s'enfoncent dans les profondeurs muettes de leurs maisons et y ruminent des idées plus sombres encore que le ciel gris.

    C'est un climat d'amour mutique. D'amour charbon. D'amour épée. D'amour orage. D'amour qui ressemble à la guerre.



    Eux, ils arrivent un matin de printemps.

   Ils arrivent à bord d'une barque en amande, sur la rivière qui coule en aval du village. Une femme. Un homme. Plutôt des anges. Un ange femme noir à coeur blanc. Un ange homme blanc à coeur noir. Deux anges. Non trois. A y regarder de plus près, on remarque, au fond de la barque, endormi, un tout petit ange blanc et noir qui leur ressemble.

Ils amarrent la barque à un chêne et s'installent. Dans l'herbe tendre ils déroulent une nappe à carreaux. D'un panier ils sortent du pain, du vin, des pommes.

   C'est alors que tous déboulent. Depuis les verts chemins des bois, depuis les ruelles grises où sont alignées leurs maisons, ils accourent. Duterreau et Estrangeais, têtes de chevreuils et têtes de geais, deux clans de curieux se forment de part et d'autre des anges, regardent avec méfiance les trois visages nus. Trois visages sans plumes, sans poils, clairs comme l'eau de la rivière.

Brames des Duterreau sur la droite. Cris des Estrangeais sur la gauche. Au centre, les trois visages clairs, imperturbablement sereins, tournés vers le soleil qui monte.


   "Si, si, siiiiiiii", sifflent les habitants à têtes de geais.

"Lan, lan, laaaance", lancent les habitants à têtes de chevreuils, lorsque, d'un mouvement très lent, l'ange homme blanc à coeur noir prend dans sa main la main de l'ange femme noir à coeur blanc.

Leurs mains jointes, les "Si" et les "Lance" accordés, le silence se fait. Chacun regarde, étonné, la lumière qui semble irradier du couple d'anges. Une lumière douce, plus dorée encore que l'or du soleil qui atteint la cime du chêne.


   Petit à petit la clameur reprend.

" Ah, ah, aaaaaaaa", font les Estrangeais, petits sons étranglés au fond de leurs gosiers de plumes, tandis que les Duterreau poussent des brames ressemblant à des meuglements : "Mmmmmm, mmmmm, mourrrr"...

Alors les deux anges dont les mains sont restées liées enlacent tendrement leur angelot aux cheveux  emperlés de brume et de sommeil.

   Le trio fusionné, le silence revient, les "A" et les "Mour" s'accordent, et par dedans chaque atome de silence, gonflent des particules d'amour qui se propagent autour du trio d'anges, s'étendent à droite, à gauche, gagnant chaque Estrangeais, chaque Duterreau.

   Tous restent prostrés longtemps, incapables de bouger, respirant seulement les particules de silence et d'amour qui emplissent leurs poumons, s'infiltrent dans leurs veines, gagnent leurs coeurs. Le soleil atteint son zénith puis décline doucement, orangé d'abord, puis rouge, puis disparu derrière les forêts en laissant dans le ciel des marbrures roses.


   C'est à ce moment là qu'ils réalisent. Les Duterreau, les Estrangeais. Chacun tâte son propre visage, du bout des doigts. La chair est douce, lisse, souple et tiède. Plus de plumes ni de poils, plus de chevreuils aux museaux fulminants ni de geais au becs taillés en pointes, les masques ont disparu. Ne restent que des visages, de même nature que ceux des anges. Des visages d'eau de source. Des visages nus.

 
   Quand la nuit vient, on se mélange. On partage le pain, le vin, les pommes, assis dans l'herbe tendre. Les voix forment un froufrou sonore qui se marie au froufrou lumineux des étoiles au ciel. On saisit quelques mots, des rires. " Comment vas-tu, quel est ton nom, tu es si belle, allons danser, la nuit est douce, douce,  mon amour, mon amour..."

   Le bébé ange s'est rendormi dans les bras de ses parents. Autour il n'y a plus de clan. Plus de Duterreau, plus d'Estrangeais. Ces mots ont disparu au loin, portés par le courant de la rivière.
Il y a de clairs visages qui brillent avec la lune. Juste ça.

Des visages semblables. Des visages de gens qui s'aiment.

 
 

Héloïse Combes, 3 juin 2015.
 
 
Angela et Willem, Anges.

mercredi 20 mai 2015

L'éternité acquise


L’éternité acquise

 

Toi qui fus mon ami, toi qui fus mon amour
Inexorablement tu le seras toujours
Ne pas nier les vagues plus que le lilas blanc
Ce qui est infini, ce qui vibre un instant
Et le cœur doux des roses qui embaume en mourant
Délivré d’amour propre sait bien mieux que nos cœurs
L’éternité acquise au cœur de chaque instant
Et l’amour absolu qui veille en toute chose
Je crois plus qu’en moi-même la parole des fleurs
Qui de leurs purs silences m’éclairent comme des sœurs
Et chantent en mourant à quel point rien ne meurt
L’instant à l’éternel inexorablement
Lié comme à l’hiver est lié le printemps
La veille souveraine du ciel et de la terre
M’assure chaque instant qu’il n’est rien qui se perd
L’étreinte souveraine du ciel avec la terre
Saura garder nos cœurs mieux qu’ils n’ont su le faire
Va, laisse-nous mourir comme meurent les roses
Laisse-nous exister là où tu n’y peux rien
Où de l’oubli d’un jour ressuscitent les choses
Les vagues à l’infini offrent déjà au loin
Nos cœurs unis un jour au cœur du lilas blanc
Et le cœur doux des roses qui embaume en mourant
Délivré d’amour propre sait bien mieux que nos cœurs
L’éternité acquise au cœur de chaque instant
Et l’amour absolu qui veille en toute chose
 
 
 
 
Héloïse Combes, 20 mai 2015, pour ...