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jeudi 16 avril 2015

Electrosensibilité : mon témoignage.


   Ceci n’est pas une chronique artistique. Je me décide ce jour à ajouter mon témoignage aux nombreux autres déjà présents sur internet, je crois que c’est important – sans doute même est-il de mon devoir d’être humain de le faire.

   L’électrosensibilité est une forme d’allergie aux ondes électromagnétiques qui pullulent autour de nous – émissions wifi, antennes-relais, téléphones portables, ect… Lorsque l’organisme atteint son seuil de résistance à ces ondes, il sature, et les premiers symptômes apparaissent.

   De nombreux chercheurs et médecins ont prouvé depuis longtemps la nocivité de ces ondes sur la santé. Pour vous donner une idée, les ondes émises par le système wifi et les téléphones portables sont de même nature que celles des fours à micro ondes –dont la dangerosité est avérée depuis longtemps- : nous vivons dans une sorte de four à micro ondes géant qui « grille » nos cellules petit à petit, détruit nos défenses immunitaires, et certains d’entre nous, plus exposés ou plus sensibles, saturent plus vite et présentent des symptômes de maladie tandis que d’autres ne ressentent encore rien – ce qui ne veut pas dire qu’ils sont à l’abri, ces ondes constituant un danger qui nous menace tous et qui, de l’avis de certains spécialistes, seront à l’origine du prochain scandale sanitaire mondial… Souvenez-vous l’amiante, considérée comme inoffensive et utilisée massivement jusqu’à ce que la triste réalité soit révélée… Tous nos chers « gadgets » technologiques seraient peut-être bien eux aussi des outils empoisonnés distillant sournoisement ces fameuses ondes générant des atteintes gravissimes au corps humain.

   Mais, j’en reviens plus précisément à l’électrosensibilité et à mon propre cas.
   J’ai connu les premiers symptômes lorsque j’ai acheté mon premier ordinateur – en 2003. J’avais vingt-deux ans. Sont apparus des migraines récurrentes et des vertiges. A l’époque je ne savais pas à quoi les attribuer et les médecins étaient aussi dubitatifs que moi.

   Une longue période d’accalmie a suivi, ponctuée toutefois de migraines, de brûlures au niveau des mains dès que j’utilisais un ordinateur et de sensation de chaleur douloureuse dans l’oreille quand je téléphonais à l’aide d’un téléphone portable.

   Dix ans plus tard, je me suis mise à utiliser l’ordinateur de façon intensive, notamment pour recopier mes manuscrits. A la suite d’une période où je tapais des textes à raison de six ou sept heures par jour –sans prendre la peine de déconnecter le wifi-, j’ai vécu un enfer : migraines terribles, tremblements dans les membres, sensation d’un « fourmillement électrique » dans tout le corps, tensions musculaires, acouphènes, fatigue intense, insomnies, troubles de la vue, sensation de raideur douloureuse au niveau de la nuque, pertes de mémoire et vertiges m’empêchant de marcher droit… Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Les médecins non plus. Mon corps, en bonne santé apparente, me « lâchait ».

Toutefois, je remarquai que ces troubles s’atténuaient puis disparaissaient dès que je séjournais quelques jours dans une zone de campagne, qu’ils réapparaissaient en ville, et que chaque contact prolongé avec un téléphone portable ou un ordinateur me plongeait dans un état de douleur épouvantable.

   Un jour, marchant dans une rue de Montpellier, je ne pus plus du tout avancer : faiblesse extrême, vertiges, suivis d’un malaise. La semaine suivante, même trajet, même rue, même malaise. J’appris par la suite que la rue en question est cernée par plusieurs antennes-relais.

   Un autre jour, effectuant un long trajet en voiture avec le téléphone portable allumé, je dus m’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence : j’étais complètement désorientée, ma tête tournait et mon cœur s’affolait. Voulant appeler du secours avec mon téléphone portable, j’ai ressenti une vive douleur au niveau du cœur qui s’affolait de plus belle. Faisant enfin le lien, j’ai éteint le téléphone et attendu que mon cœur se calme.

   Voilà un an environ que j’ai pu mettre un mot sur le mal dont je souffre : électrosensibilité. En effet, ayant appris qu’une connaissance avait dû déménager et quitter son emploi de chercheuse à cause de cette pathologie, j’ai pu ensuite me documenter, accéder à des articles médicaux, au site de l’association Robin des toits et recevoir de nombreux témoignages de gens vivant le même calvaire.

   Aujourd’hui, je ne peux plus faire mes courses, ni circuler en ville, ni même aller chercher mon fils à l’école –la présence de plusieurs téléphones portables allumés autour de moi me provoque un malaise pouvant aller jusqu’à la chute, et des troubles cardiaques. Je n’allume le téléphone portable et l’ordinateur que quelques minutes par jour et songe à m’en passer totalement sous peu. J’ai désactivé le système wifi, débranché la live box, et malgré ces précautions, de nombreux troubles subsistent, liés à la présence d’une antenne-relai à trois-cents mètres de chez moi et aux systèmes wifi des maisons voisines. Je serai certainement obligée de déménager dans une zone moins exposée, même si je repousse l’échéance de cette solution radicale pour préserver l’équilibre de mes enfants.

   Acouphènes, troubles de l’équilibre, migraines, insomnies, fatigue, constituent mon quotidien. Je suis devenue tellement sensible que je ne supporte plus non plus l’internet filaire ni le téléphone fixe relié à la box. Je « détecte » aussi la présence de lignes électriques et chaque appareil électrique branché dans la maison –cela se manifeste par un sifflement aigu dans mes oreilles et des fourmillements dans les membres…

Un calvaire en somme ! Qui me prive de beaucoup de choses –finies les sorties en ville, plus de cinéma non plus, ni de spectacles, voyages difficilement envisageables, transports en commun bannis, mon activité de chanteuse freinée car je ne peux pas envisager de chanter dans une salle où les gens n’auraient pas éteint leurs portables…

Pas drôle quand on a trente-trois ans, des projets plein la tête et une soif de vivre inaltérée !

   Pas question pour autant de déprimer ou de baisser les bras. Yoga, méditation, sport et médecines douces m’aident à mieux gérer les douleurs et recentrer mon équilibre. Une escapade mensuelle à la campagne dans une zone peu exposée me ressource, et je file dans l’arrière pays pour la journée dès que possible.

   Je viens d’acquérir du tissu à base de fibre d’argent qui stoppe les longueurs d’ondes pour protéger en priorité mon cerveau et mon cœur. Et j’ai rendez-vous à la fin du mois avec le professeur Belpomme, cancérologue spécialiste de l’électrosensibilité. La journée à Paris risque d’être fort éprouvante, mais je compte beaucoup sur ce médecin pour évaluer mon état et me guider –je n’ai trouvé à Montpellier aucun médecin susceptible de m’aider, uniquement des médecins pas encore informés et décontenancés, voire un jeune neurologue arrogant qui m’a ri au nez : « mais, mademoiselle, ces ondes sont inoffensives ! Les quelques milliers de français électrosensibles ? Foutaises ! Tous des illuminés ou des déprimés, je peux d’ailleurs vous prescrire des antidépresseurs, voulez-vous ? »… - No comment…

   Voilà, voilà… La vie est belle, je dirais même qu’en souffrant je me rends plus que jamais compte de la beauté inouïe du printemps, de la chance que j’ai d’être entourée de gens aimants et d’être vivante, là, dans ce monde si beau mais blessé et plus que jamais parasité au nom du pouvoir, de l’argent et de la futilité.
   Puisse ce modeste témoignage éveiller quelques consciences concernant ce sujet sensible sciemment évincé par les autorités pour le moment…

   N’attendez pas que le scandale éclate au grand jour pour réagir et appliquer des principes de précaution tout simples vis-à-vis des ondes électromagnétiques : utilisation modérée des ordinateurs et téléphones portables, désactivation des systèmes wifi au profit de l’internet filaire, extinction des téléphones portables la nuit, pas de portables ni tablettes entre les mains des moins de quinze ans, utilisation d’un téléphone fixe filaire et non pas de type DETC dont la base émet en permanence le même type d’ondes que les portables, pas d’ordinateur dans les chambres à coucher, temps de communication au téléphone portable limité à quelques minutes, etc…

   Et puis, vive le charme de la vie quotidienne, de l’instant présent et du contact humain réel !

   Grosses bises et beau mois d’avril ensoleillé à tous !

Héloïse

P.S: Je précise que je suis incapable de taper seule un texte si long à l’ordinateur et remercie Clément pour son aide.


- Quelques liens :

Avec ma tenue en fibre d'argent ! ;-)



 

dimanche 12 avril 2015

Aucune autre leçon.

Le forsythia a choisi
Ce jour triste comme la nuit
Pour allumer sur le ciel
Ses étoiles jaune poussin
- Sans attendre de quiconque...
Le moindre remerciement.


L’if centenaire ne connaît
Ni l’âge ni la manière,
Qui s’ébroue avec le vent
Aussi gaiement que le chiot
- Sans rien craindre de la mort,
Des rhumatismes et du froid :

Aucune autre leçon.

Aucune autre leçon
Que celles du printemps.



Héloïse Combes, printemps 2015.

dimanche 8 mars 2015

Lettre à nos frères qui ne la lirez pas.


   Nous n’avons pas de visages, seulement des yeux.
Des yeux immenses, étalés comme des lacs.
Et dans nos yeux, des feuillages en frissons d’or, des loups, des oiseaux en flèches, des nuages.

   Vous n’avez que des visages.
Vos yeux, vous les avez étouffés depuis longtemps dessous la chair fardée de vos visages.

   Nous sommes faibles.
   Vous êtes puissants.

   Vous nous avez pris la parole et vous nous avez laissé le silence. C’est par inadvertance que vous nous l’avez laissé, comme tout ce que vous nous avez laissé – le rêve, le rire, l’enfance, le printemps : tout ce qui pour vous ne compte pas. Tout ce qui pour vous ne se compte pas.
   Car vous aimez ce qui se compte comme se compte l’argent, qui chez vous est roi. Vous avez remis vos âmes entre les mains d’un roi au cœur de métal, aux mains de papier.
   Ce roi incapable d’amour méprise les pauvres, les rêveurs et les amoureux. Il donne pour ses enfants avides de sinistres fêtes où les musiques cognent comme des coups de marteau, où le champagne coule à flots sans avoir de goût ni d’éclat.

      Vous festoyez sans joie, pendant que nous pleurons.

   Vous n’avez pas de cœurs, seulement des corps que vous rasez, lissez, grimez afin qu’ils ne ressemblent plus à des corps mais à de simples instruments auxquels vous infligez des plaisirs que vous ne goûtez plus.

   Nous n’avons pas de corps, seulement des cœurs, et quand chez nous les bouches des amants se confondent, que leur jambes s’emmêlent, que leur ventres s’épousent, je vous le dis, ce sont nos cœurs qui fondent en un seul cœur géant.
Qui fondent lentement, très lentement.

   Car la lenteur vous nous l’avez laissée. Et le dépouillement. Et la simplicité de la terre, de l’herbe, de l’eau. Et les fleurs, et la brise des saisons toute chargée de parfums.

   Vous, vous aimez ce qui va vite, ce qui se faufile sans aspérité, ce qui n’a pas d’odeur, ce qui est sournois, riche et compliqué. Vous aimez vos trains grande vitesse, vos téléphones 4G, vos télévisions 42 chaînes, vos ordinateurs aux milles lucarnes virtuelles.

   Vous détestez tout ce qui est petit, tout ce qui est blessé, écorché, tout ce qui tremble, tout ce qui chancelle, tout ce qui brûle :
Je vous le dis, en vérité c’est la vie que vous détestez –la vie qui est par essence petite, blessée, écorchée, tremblante, chancelante. Et brûlante.

   Vous détestez tout ce que nous aimons, tout ce qui nous a été donné d’aimer, tout ce que par essence nous sommes.

   Vous méprisez la vérité.

   Vous cultivez l’hypocrisie, qui vous permet de vous saluer en vous haïssant, de vous entre-tuer sans en avoir l’air, de regarder en chien de faïence ceux que vous dépouillez, de pourrir le monde en affirmant le contraire, de faire couler le sang en gardant les mains blanches.

   La guerre sévit, la terre tremble, le ciel s’obscurcit.
   Ce n’est que le début de l’agonie du monde.

   Bientôt vous viendrez dans nos maisons pour nous tuer.

   Nous vous aurons préparé une tasse de café, que vous ne boirez pas.

   Car vous êtes nos frères. Mais vous ne prendrez pas la peine de venir nous tuer de vos mains.

   Vous aurez insufflé le poison mortel dans la nourriture que vous nous donnerez à manger, dans l’eau que vous nous donnerez à boire, dans l’air que vous nous donnerez à respirer et dans les gadgets que vous nous donnerez pour tenter de nous pervertir.

    Nous mourrons sans un regard de pitié de votre part.

    Et vous mourrez aussi de vos propres agissements, je vous le dis, en vérité.

   Eh bien soit, tuez donc, anéantissez, réduisez, il est sans doute dans l’ordre du monde qu’il en soit ainsi. Nous ne saurions vous empêcher d’aller au bout de votre tâche ingrate et qui sans doute est inéluctable. 

   Quand vous aurez fini votre travail, qu’il ne restera plus qu’une poignée des vôtres et tout aussi peu des nôtres, que le monde sera réduit à la nuit noire et au chaos, alors, peut-être, la lumière reparaîtra.


   Alors, peut-être, nous saurons vivre et goûter à la paix. Ensemble.



Tous droits réservés: Héloïse Combes, 8 mars 2014.

jeudi 26 février 2015

Prière de ne pas déranger


   Il existe un pays où, même en plein cœur de l’hiver, les peines sont douces et de la même étoffe dense que sont les brumes qui s’attardent.

   Il existe un pays où, même en plein cœur de l’hiver, les larmes sont claires et vives comme l’eau des ruisseaux qui courent à travers les sous-bois.

   Le chagrin y a la rudesse et la franchise du vent qui malmène les arbres nus et s’engouffre en feulant dans les maisons en ruines.

   Ne me dérangez pas, j’y dors,
   Ne me dérangez pas, j’y rêve,
   Et quand je m’y éveille, j’y cours, j’y danse, j’y tombe, je m’y écorche les genoux sans que ça m’empêche d’aller plus avant à travers les ronces, zébrée de sang et de boue, les cheveux embroussaillés, l’air ensauvagé qu’ont les enfants gitans.


   Et ça me plaît.

   Foutez-moi la paix avec vos villes obligées, avec les ambitions que vous avez pour moi, avec vos promesses d’amour au carré dans des maisons carrées dans le grand lit carré du quotidien.
Vous finiriez presque par réussir à me briser le cœur à force d’insister avec vos gueules innocentes...

Laissez-moi au dépouillement et à la rigueur de mes chemins d’hiver.

Ce que j’y aime ? Tout. 



   Ce que j’y trouve de nouveau, chaque matin depuis tant de matins ? 

   Tout, absolument tout, sans cesse renouvelé, toujours parfait, de la vieille souche couverte de mousse à la corneille sur la branche du chêne, du reflet sur la mare à la noirceur renfrognée du ciel qui soudain se déride et laisse paraître le front blême d’un soleil convalescent, des maisons murées dans un silence profond à la Creuse qui coule inlassablement ses eaux sombres… Et d’exister, miraculeusement, au milieu de tout ça.

   Souvent, cheminant, je touche l’écorce des arbres. Ce n’est pas pour m’assurer qu’ils existent –ça, je n’en doute pas-, c’est pour vérifier que je suis bien vivante moi aussi parmi eux.
Et je le suis, même en pleurs, même toute barbouillée de ce chagrin que vous m’avez collé, même et surtout en ces contrées que l’hiver s’acharne à résumer à des champs boueux bordés de haies ratiboisées, à des forêts grelottantes et des villages fantômes.

   Il a beau grincer des dents, se fendre de quelques colères de vieux grincheux, il n’est pas si terrible, ce pauvre hiver moribond, et je le crains bien moins que vos chimères.




   Laissez-moi dormir,
   Laissez-moi rêver,
   Laissez-moi pleurer,

   De ces larmes naîtront des fleurs.























    J’ai vu la semaine dernière les premiers perce-neiges –comme une ébauche de sourire angélique à ras de terre...

   Ne comprenez-vous pas, j’attends simplement le printemps...

   Il faut parfois beaucoup de larmes, se vider le cœur, se nettoyer les yeux jusqu’au fond, pour être apte à le recevoir dignement, le printemps, si beau en ces contrées,
Beau et neuf comme le premier matin du monde avec ses jacinthes sauvages, son explosion de vert, ses bois aux mille oiseaux chanteurs,
Le printemps avec ses averses suivies d’or en gouttes suspendues aux toiles d’araignées, ses ciels purs aux nuages effilochés où tournent les rapaces...

   J’attends le paradis, le vrai, je le sens qui point déjà en moi quand la sève monte aux arbres, alors, chut, vraiment, laissez-moi, c’est une grande chose qui se prépare en mille fourmillements,
Une chose comme une rupture, comme une naissance,
Une chose comme un sourire dont la pureté écorche,
Une chose qui marie l’éphémère et l’éternité,
Une chose qui proclame l’enfance souveraine.

   Si vous ne voulez pas y goûter avec moi, prière de ne pas déranger,
D’aller brandir ailleurs vos paradis de pacotille.

Merci.


Héloïse 


Texte et photographies Leica M3: Héloïse Combes 2015.

dimanche 15 février 2015

Marie


Elles étaient bleues, Marie
Bleues, mes veines, souviens-toi
Il était bleu, Marie
Bleu mon cœur, comme un’ fleur d’hortensia

Toi tu l’as mis entre tes dents
Que tu as en croissants
Tu l’as déchiré sur le ciel
Bleu, Marie, filé dans la dentelle

Que font les nues avec tes mains
Roses, Marie, si roses
Avec tes lèvres, avec tes seins
Roses, Marie, et mon cœur, pauvre chose

Petit drapeau que tu brandis
Que tu jettes, que tu poses
Fleurette au bout de ton fusil
Haut, mon cœur, si haut qu’il en explose

En mille éclats coquelicots
Rouges, rouges pétales
Virevoltant avec tes voiles
Rouges, Marie, puis tombant en lambeaux

Ils étaient blancs, Marie
Blancs, mes rêves, je t’aime
Ils étaient blancs, ma vie,
Blancs mes bras, comme des miches blêmes

Tu les as fendus de tes doigts
Creusé une rivière
Brune de sang, brune de toi
Brunes ma mie, tes ailes, ta lumière

Ils étaient doux, Marie
Doux, mes yeux, ma neige
Ils ont brûlé, Marie, ma vie
Noirs, mes yeux, avec tes sortilèges

Ils ne sont plus que ces charbons
Calcinés, éhontés
Cailloux qui fuient sous tes pieds ronds
Fuient, Marie, de peur de te souiller

Elles étaient bleues, Marie
Bleues, mes veines, souviens-toi
Il était bleu, Marie
Bleu mon cœur, comme un’ fleur d’hortensia
Ils étaient blancs, Marie,

Blancs, mes rêves, je t’aime...

Poème et photographie au Leica M3 : Héloïse Combes 2015, tous droits réservés.

samedi 15 novembre 2014

Session d'enregistrement.




Ce furent quatre jours intenses…
Quatre jours de musique, de concentration, de rires, d’émotions partagées…

Pour enregistrer mes chansons, j’avais la joie d’avoir à mes côtés trois musiciens tant talentueux qu’humainement adorables : Guilam au piano, à la guitare et au ukulélé, tout en douceur, écoute et subtilité. Janice Renau au violoncelle nous a apporté ses sonorités chaleureuses et son énergie pétillante. Et Goffredo Degli Esposti, tout droit venu d’Italie, a posé des accents de flûtes et tambour médiévaux sur mes compositions.
Domi, ingénieur du son ; et Franck, responsable du studio, ont su, en plus de leurs compétences, nous entourer d’amitié et d’attentions touchantes.

Bref, comme je disais, ce furent quatre jours intenses… et beaux, très beaux.
Merci, du fond du cœur, à vous cinq, pour cette tranche de vie musicale et humaine.

La musique est « dans la boîte », reste à passer à l’étape du « mixage ». Je devrais bientôt pouvoir vous faire entendre un premier aperçu de ce disque à venir. Vous y retrouverez des accents du premier album, mais aussi un souffle nouveau, ces touches médiévales, comme un pont entre deux univers et un retour au sources pour moi qui aime tant cette musique et l'ai un peu chantée...
En attendant, voici un petit aperçu de ces jolis moments, en photos et vidéo. Merci Francky !

Bises à tous,
Héloïse













Photos et vidéo : Franck Villeméjeanne, tous droits réservés. 

jeudi 28 août 2014

Surimpressions



C’était en novembre à minuit
Peut-être plus loin dans la nuit
Le lendemain, les yeux bleuis
Larmes de sang, ô mon ami
Parti, parti…

Petite fleur noire, mes farfadets
Mes doux démons, chères amours envolées

L’automne se meurt, mes insomnies
Ont la peau dure, des dents de scie
Douces mes lèvres, vide le lit
Où vont les princes après la vie ?
La vie, la vie…

Petite fleur noire, mes farfadets
Mes doux démons, chères amours envolées

Le brouillard a tout envahi
Vallées, châteaux, sombres logis
Cheveux-coton, face pâlie 
Déjà je perds tes yeux chéris
Chéris, chéris…

Petite fleur noire, mes farfadets
Mes doux démons, chères amours envolées

Ô feux follets, spectres, folies
Tournez sous mes yeux ébahis
Songe, mensonge, la lune rit
Lève l’espoir, l’amour revit
Revit, revit…

Petite fleur noire, mes farfadets
Mes doux démons, chères amours envolées


Poème et photographies Leica M3 : Héloïse Combes 2014
Tous droits réservés