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samedi 14 décembre 2013

Sylvie, mon amie...

Sylvie : du latin Silvia, féminin de Silvius, qui vient de Silva : "la forêt".





Sylvie, mon amie,



Tu es la tendre biche
Mère de tous les faons.
Des bois aux champs en friche
Tu vas, le cœur battant,

De ta foulée craintive
Veiller les nouveau-nés
Que guette l’incisive
Dans un antre, affûtée.

Les loups rôdent, mais toi
Tu ne les maudis pas.
Au fond, s’ils déchiraient
Tes mamelles de lait,

S’ils fendaient bout à bout
Ton ventre clair et doux,
S’ils dévoraient, goulus,
Tes tripes toutes crues,

Assoiffés de ton sang,
Guettant tes cils battant
Comme deux papillons
Mourir sur tes yeux d’eau ;

S’ils jetaient le manteau
De la mort sur ton dos…

C’est que dans un élan
Fou d’amour carnassier,
Tout en te dépeçant,
Honteux et hérissés,

Au duvet de velours
Des tes oreilles, amour,
Ils mettraient leurs museaux
Et en un long sanglot

Ils te diraient : « Je t’aime »…







Poème et photographie Leica
Héloïse Combes 2013, tous droits réservés



mercredi 4 décembre 2013

Solitude de brume et d'or



Dans le petit matin mouillé, brumeux, frisquet, sauvage.

Le nez au vent. Les pieds dans la boue.
Le Leica autour du cou. Son poids, sa présence, familiers, précieux.

La joie dans une poche, et la peine dans l’autre, comme deux sœurs inséparables.

Dans le cœur, un pêle-mêle d’épines, de perles, de cailloux, les fantômes avec les vivants, les chevaux de l’enfance galopant aussi haut que les oiseaux des rêves, loin au-dessus des manques et des misères qui montrent les crocs avant de se fondre dans le brouillard.

Il suffit d’accepter que tout soit ainsi. Multiple. Paradoxal. Mélangé. Tremblant dans la lumière. Insaisissable. Quand c’est accepté, tout est bien, finalement. 
Tout est bien.  

Extrait de "Pitres, dans la Lumière"







--- Grâce ---

Il est des moments de grâce, où chaque détail possède à la fois la finesse, l’insignifiance et la beauté de l’air traversé par une aile de papillon.

Extrait de "Pitres, dans la Lumière"







--- Solitaire ---

Quand tu t’en vas,
Tendre chimère,
Allez, mes pas,
En solitaire.

Venez, campagnes
Bleues à l’aurore
Puis cousues d’or
Brun ou champagne.

Tendez, chemins,
Coulez, rivières
Au lit serein
Des millénaires.

Dans les forêts
Piquées de houx,
Noirceurs, mutez !
Rêves de loup,

Mousses-phosphore,
Yeux photophores
Chouettes ou souris,
Ferveurs impies,

Ifs, scolopendres,
Esprits frappeurs :
Sachez répandre
Vos lueurs ;

Veuillez me prendre
En votre cœur. 

Héloïse Combes, 30 novembre 2013



Textes et photographies au Leica M3
Héloïse Combes 2013
Tous droits réservés






jeudi 21 novembre 2013

À Chadelet




Dans ce monde où tout s’écroule…Dans ce monde de poussières, de rouilles voraces attaquant les derniers outils, de bois putréfiés où prolifèrent mousses et asticots…


Dans ce bric-à-brac bariolé de bris de verre et briques en morceaux, de lambeaux de papier que retient aux murs la grâce de fils arachnéens…


Dans ce monde où tout s’écroule, disais-je… Soudain, un rayon de soleil descend du plafond éventré et caresse mon épaule.

«  Ne pas céder, me souffle-il.
Même quand tout s’effondre, ne pas céder,
Ne pas céder,


Ne pas céder ta lumière. »



Dans ce monde où tout s’efface…
Dans ce monde où tout grimace…
Là, la grande cheminée ouvre une bouche d’ogre édenté.  Dans son gosier-antre noir, l’on imaginerait plus volontiers les flammes démoniaques que celles de l’âtre familial qui flamboyait jadis.





Ici, les fissures esquissent des figures torturées, des doigts noueux, des museaux effilés. L’enfant qui dormait là il y a un siècle ou deux n’aurait-il pas été horrifié face à leurs allures de mauvaises fées, de pantins rachitiques, de loups sanguinaires ? Et ce bâton en forme de jambe à l’extrémité recourbée, ne lui aurait-il pas volontiers rappelé quelque Satyre droit échappé d’inquiétantes légendes ?


Dans l’escalier, des ossements. Souris et pigeonneaux sans doute.

Au grenier, au milieu d’objets méconnaissables, une faux. Un arrosoir. De vieux godillots.




Dans ce monde où tout s’efface…

Dans ce monde où tout grimace… soudain, le chant d’un pinson, comme une cascade d’eau pure.

«  Les ombres errantes ne sont que le reflet des cauchemars humains, me souffle-t-il.
En vérité, tout est tranquille.
Là  d’où l’homme se retire, la nature et le temps mariés accouchent d’une absolue quiétude.


Vois le lierre qui obstrue la porte
Et les fougères au sol.
Vois les calmes nuages que les murs béants laissent moutonner jusqu’à tes pieds,
Et les petites bêtes qui grouillent sans obstacle du plancher au ciel : mille-pattes affairés, orvets fuyards, petits lézards dits « des murailles », papillons nocturnes livrant en mollesse leurs ventres duveteux aux fleurs mauves du papier-peint tandis que leurs frères diurnes virevoltent gaiement ; grillons, mouches, abeilles…

Toi, fillette, femme, intruse de chair et d’os mais adoptée d’office,
Avec tes robes et tes rubans,
Avec tes jambes nues et blanches,
Avec tes rêves de flanelle inscrits sur ta face lunaire,
Tu sais.
Tu sais qu’il ne peut rien ici, rien arriver d’hostile.
Tu sais que dans le creux formé par le temps, dans ce berceau de vie à l’abri du monde affolé, rien n‘arrivera.
Ou si, peut-être : la paix, l’éternité.


 C’est ce qui fait peur aux humains, en général, la paix, l’éternité. Ces deux sœurs muettes nichent dans la part occulte, profonde et redoutée d’eux-mêmes. Elles arrivent de loin avant que les premières clameurs résonnent et vont main dans la main bien au-delà de ce qu’ils croient être la frontière ultime. Leur marche silencieuse en leurs grands jupons blancs révèle l’inconcevable sans le déflorer.
Toi, fillette, femme, fantôme à la peau tiède, tu ne crains pas,
A la paix et l’éternité tu acceptes d’appartenir toute.



Tu n'auras jamais peur.
A une condition :

Ne pas céder,
Même quand tout s’effondre…
Même quand tout grimace, ne pas céder.

Ne pas céder ton innocence,
Ne pas céder ta confiance,
Ne pas céder ta lumière,
Garder ces grâces avec ton cœur fondues
Au creux de ce poing que tu serres

Obstinément. »








Texte et photographies argentiques au Leica M3 : tous droits réservés Héloïse Combes 2013


vendredi 19 juillet 2013

Prochains concerts


Je vous rappelle les dates de mes prochains concerts :

- 25, 26, 27 juillet, à 20h15, salle pétrarque, Montpellier, dans le cadre du festival le Chant de la Cigale.

Au programme : des chansons - les miennes et quelques "reprises"-,  des lectures de poèmes,  de l'émotion j'espère,
 de la bonne humeur je pense, sans doute un beau violoncelle et une clarinette-dentelle au moins le jeudi avec Janice et Hélène, sans oublier les trois soirs Guilam au piano, à la guitare, au ukulélé, en duo...


Je participerai également le 22 juillet à un concert-hommage à Moustaki, salle Pagezy à Montpellier toujours.






Merci à Georges Mattia pour ce bel article dans le Midi Libre et à Philippe Geniez pour la photo :





lundi 1 juillet 2013

Un printemps au Leica

Les papillons et les abeilles dansent dans les lavandes. Les oliviers envoient des épées de lumière du bout de leurs feuilles en lames. Les yuccas dressent leurs grands candélabres de fleurs blanches sous un ciel imperturbablement bleu.

L'été est là, le vrai, enfin !

Je vous le souhaite beau et heureux, et en profite pour vous présenter une petite sélection de mes clichés de printemps.


A Chadelet


Le Chalet



"Forêts mystérieuses où niche le pic vert,
Où chuintent les arbres à la brise légère,
Où dansent les légendes et les ombres lascives,
Où sourient les lueurs sur les mousses passives,

Forêts mystérieuses, vous êtes mon royaume."




Dampierre, le panier

Dampierre, le chat


Les garçons et le marronnier


Printemps






Portraits croisés


Le camion de cirque


La barque


Le lac


La branche de cerisier


Berry, la grande lumière



Triptyque "L'attente"


A la vitre


Sédelle



De bois



Nue