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vendredi 21 décembre 2012

Te souviens-tu le gai printemps ?



Le verre est plein, le disque tourne,
Le violon retient un sanglot,
Le gâteau attend qu’on l’enfourne…
Avec toi c’eût été si beau…

Mais la nuit froide de l’absence
Qu’étoilent juste, en crève-cœur,
Cabotines réminiscences 
De notre si proche bonheur,

S’étend, mariée à l’hiver,
Glacée, lugubre forêt noire
Où titubante, je m’égare.
Rends-moi donc tes mains, ta lumière…

Te souviens-tu le gai printemps ?
Nous allions souriants et nus
Comme vont les petits enfants,
Trottant, la foulée ingénue.

Te souviens-tu, j’étais jolie,
Saupoudrée de joie et de pluie,
Lutine au miroir de l’étang,
Reine au miroir de tes yeux d’eau…

Rends-moi donc tes mains, ta lumière,
Rends-moi ma beauté, ma jeunesse.
Rends-moi tes yeux pour que l’hiver
Brille de flocons d’allégresse

Jusqu’au prochain printemps.

Héloïse Combes, 12 décembre 2012 






dimanche 11 novembre 2012

Impressions de brumes


--- Fin octobre 2012. Echappée solitaire à Gargilesse ---

J'en ai rapporté des poèmes, mais aussi et c'est la raison de cet "article", quelques paysages dont ces brumes enchantées captées au Leica, et des impressions en vrac...




Dans le petit matin mouillé, brumeux, frisquet, sauvage. 

Le nez au vent. Les pieds dans la boue.
Le Leica autour du cou. Son poids, sa présence, familiers, précieux. 

La joie dans une poche, et la peine dans l’autre, comme deux sœurs ins
éparables.

Dans le cœur, un pêle-mêle d’épines, de perles, de cailloux, les fantômes avec les vivants, les chevaux de l’enfance galopant aussi haut que les oiseaux des rêves, loin au-dessus des manques et des misères qui montrent les crocs avant de se fondre dans le brouillard.

Il suffit d’accepter que tout soit ainsi. Multiple. Paradoxal. Mélangé. Tremblant dans la lumière. Insaisissable. Quand c’est accepté, tout est bien, finalement. 

Tout est bien.


Fondues dans les brumes ouatées, paissaient d’imperturbables vaches…


BERRY de brume et de rosée


Quand il n’y a rien de particulier à faire, nulle part où aller, aucune obligation à l’horizon, certaines personnes s’ennuient.
D’autres savourent. Elles se laissent porter par les parfums, bercer par la douceur de vivre. Elles s'autorise
nt à glisser dans la lenteur, le calme de l’instant. Laissent venir à elles les petits détails -la cloche du village sonne dans le lointain, le cri d'une buse déchire le silence, la lumière joue à emprunter des reflets irisés -.

Quand il n’y a rien de particulier à faire, nulle part où aller, aucune obligation à l’horizon, la vie est un luxe absolu.

L’ennui -comme le stress-, n'est qu'une maladie des temps modernes. Elle touche beaucoup de ces gens qui ne savent plus que courir: après le métro, le travail, l’argent… après le temps, après eux-mêmes…



Il y a un monde au-delà du monde.
Des jardins au-delà des jardins.
Des êtres au-delà des êtres.

Caché juste en dessous -ou en dessus- du monde de tous les jours, un autre monde plus vrai et plus chaud sommeille, prêt à rejaillir comme la beauté au milieu des décombres.



En milieu de matinée, les brumes ont laissé place à des jeux de reflets et clins d'oeil de soleil sur une Creuse immaculée, et soudain ce fut beau comme un premier matin du monde.

Beau à pleurer. Nez au vent, sourire aux lèvres, cils mouillés, poumons pleins à craquer.

Au diable les problèmes, en cet instant j'aurais pu mourir sur place, heureuse et sans crainte, convaincue de la merveille de Vivre.




mardi 17 janvier 2012

La belle aventure

C’est dans la boîte ! Enfin, plus exactement, dans l’ordi de Mathias.

 



En un week-end, nous avons enregistré mes 8 chansons.

Week-end chargé, donc. Dans tous les sens du terme.
Musique. Travail. Stress. Emotions. Rires. Angoisse. Bonheur.

Je me souviendrai longtemps de ce samedi matin tout blanc de givre, du trajet Prades-le-Lez/ Saint-Jean-de-Védas avec la radio à fond dans la voiture pour me rassurer. De la cigarette au bout de mes doigts gelés pour me donner du courage, et de l’arrivée dans la salle où Mathias et Guillaume, les courageux, avaient déjà installé le matériel.

Je n’étais pas anxieuse. Du tout. En témoignent les photos. L’appui du menton sur la main droite étant, comme chacun sait, signe de grande zénitude ;-)




Pas d’âme à ça. L’ingénue. Nous avons enchaîné les prises. La fumeuse. Les feuilles rousses, tant redoutées par Janice…
Janice?

Janice Renau, c’est la super violoncelliste qui a accepté de jouer sur l’album. Un petit bout de femme qui ne tient pas en place, rit tout le temps, parle avec un accent qui chante en bougeant les mains, et paradoxalement, un gros violoncelle aux lignes posées.

La maîtrise parfaite de l’instrument, la chaleur du son, alliés à ta personnalité pétillante... Janice, chaque fois qui tu nous as rejoints, pour répéter puis enregistrer, c’est du soleil qui entrait dans la pièce.
C’est comme ça que je te vois : un magnifique petit soleil. Un magnifique petit soleil qui aime boire du café froid pendant les répèts et rouler des yeux pour proposer des pauses-cigarette ;-))




Sète. La Sainte Victoire.
Quelques prises et un jour plus tard, c’est mademoiselle Hélène Duret et sa clarinette qui ont fait leur entrée.

Merci, Hélène, pour ton sourire, ton calme, ton sérieux, tes envolées à couper le souffle, genre ce solo d’enfer -euh, de paradis…- sur la Sainte Victoire. La plus jeune de l’équipe, arrivée après les autres, tu as su t’approprier mes mélodies et y insuffler ces bouffées jazzy aux accents de liberté. Trop, trop forte !




L’envolée. J’ai donné mes lèvres à ta nuit.

Des prises, encore des prises, certes, mais ne croyez pas que ce week-end fut limpide, studieux et sans accrocs.
Ce serait oublier, en vrac, les pics de panique et les éclats de rire.
Le piano désaccordé le dimanche matin, la gentillesse de Marc, accordeur, tiré du lit et même pas grognon…
Le va et vient des chats du propriétaire. La fuite d’eau. Les cloches de l’église qui adorent sonner vers la fin des morceaux.
Et, plus sympa, la fève introuvable dans la galette des rois, le chauffage façon sioux, les ventres gargouillant dans les micros… brefs, ces nombreux petits riens qui allègent l’atmosphère !






J’oublie quelque chose ? Quelqu’un plutôt ?…

Guillaume !! (Tu croyais que t’allais t’en tirer comme ça ? ça va pas, non ! ,-) )

J’avais aimé Guilam en concert. La finesse de tes textes, la richesse de tes mélodies (et inversement !). Ta présence toute en sensibilité, et ce regard touchant qui me laissait deviner qu’une belle personne se cachait derrière l’artiste.
Je ne m’étais pas trompée…
Je ne te remercierai jamais assez pour ton investissement, ta bonne humeur. Merci pour le piano, la guitare, les arrangements, les idées, ta maison prise d’assaut pour les répèts, le livret, les photos du week-end, l’énooorme travail fourni… ça fait beaucoup, et j’en oublie…

Pudeur oblige, j’arrête là les éloges. Tu fus -tu es, puisque ce n’est pas fini- un peu comme un grand frère dans cette aventure. Ce projet qui me tient tant à cœur aurait pu être sacrément lourd pour mes seules épaules. Grâce à ta présence, tout a coulé de source.
J’espère que la vie me donnera l'occasion de te rendre la pareille !


Vous l’aurez compris, ce fut un bien beau week-end.
Et plus globalement, une bien belle aventure musicale et humaine.

Mars verra la sortie de l’album.
Et, puisqu' une belle histoire, on n’a aucune envie qu’elle se termine, elle va continuer sur d’autres chemins.
Un clip se profile, puis viendra, je l’espère, le temps des concerts.

Ah, la belle aventure !