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dimanche 15 février 2015

Marie


Elles étaient bleues, Marie
Bleues, mes veines, souviens-toi
Il était bleu, Marie
Bleu mon cœur, comme un’ fleur d’hortensia

Toi tu l’as mis entre tes dents
Que tu as en croissants
Tu l’as déchiré sur le ciel
Bleu, Marie, filé dans la dentelle

Que font les nues avec tes mains
Roses, Marie, si roses
Avec tes lèvres, avec tes seins
Roses, Marie, et mon cœur, pauvre chose

Petit drapeau que tu brandis
Que tu jettes, que tu poses
Fleurette au bout de ton fusil
Haut, mon cœur, si haut qu’il en explose

En mille éclats coquelicots
Rouges, rouges pétales
Virevoltant avec tes voiles
Rouges, Marie, puis tombant en lambeaux

Ils étaient blancs, Marie
Blancs, mes rêves, je t’aime
Ils étaient blancs, ma vie,
Blancs mes bras, comme des miches blêmes

Tu les as fendus de tes doigts
Creusé une rivière
Brune de sang, brune de toi
Brunes ma mie, tes ailes, ta lumière

Ils étaient doux, Marie
Doux, mes yeux, ma neige
Ils ont brûlé, Marie, ma vie
Noirs, mes yeux, avec tes sortilèges

Ils ne sont plus que ces charbons
Calcinés, éhontés
Cailloux qui fuient sous tes pieds ronds
Fuient, Marie, de peur de te souiller

Elles étaient bleues, Marie
Bleues, mes veines, souviens-toi
Il était bleu, Marie
Bleu mon cœur, comme un’ fleur d’hortensia
Ils étaient blancs, Marie,

Blancs, mes rêves, je t’aime...

Poème et photographie au Leica M3 : Héloïse Combes 2015, tous droits réservés.

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